Cinéma

« Absurdistan », un film de Veit Helmer

absurdistanDans un hameau perdu au fin fond de l’Asie centrale, Aya (Kristýna Maléřova) et Temelko (Maximilien Mauff) se connaissent et s’aiment depuis leur enfance. Pour s’unir, les deux adolescents doivent respecter une tradition ancestrale en s’immergeant dans un bassin d’eau sous un ciel étoilé. Mais dans cet endroit du bout du monde, les canalisations d’eau ont rompu. Devant la paresse de leurs époux qui préfèrent passer leur temps à jouer aux cartes plutôt qu’à s’atteler à la tâche, les femmes décident d’entamer une grève du sexe. A bout de patience, seul le jeune Temelko, poussé par son amour pour Aya, se résout à prendre le problème à bras-le-corps.

C’est dans un village isolé d’Azerbaïdjan que Veit Helmer a posé sa caméra pour réaliser son troisième long-métrage. A l’origine du projet, un fait divers aperçu dans la presse : en Turquie, des femmes avaient entrepris une grève du sexe aussi longtemps que leurs maris n’auraient pas réparé une canalisation d’eau défectueuse.

De ce fait divers anecdotique, Veit Helmer en a fait une fable poétique et hilarante de la guerre des sexes. On pense à Emir Kusturica, à son univers joyeusement bordélique fait de lumière et de poussière. On passe du burlesque à l’absurde sans être dérouté. L’image est soignée, les séquences sont désopilantes et les personnages attachants si bien que l’on rêverait que l’Absurdistan soit un vrai pays.

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