C’est peut-être l’une des plus belles affiches de cinéma qu’il nous ait été donné de voir ces dernières années sur un sujet aussi sensible et difficile que le suicide d’un jeune adolescent.

Makoto Kobayashi est un élève de troisième. Il a quatorze ans et vient de mettre fin à ses jours. Dans l’hôpital où il se trouve, il reprend miraculeusement vie grâce à l’âme d’une autre personne décédée plus tôt et qui s’est réincarnée dans son propre corps. Une seconde chance d’être de nouveau sur terre parmi les êtres vivants mais la réincarnation n’est pas éternelle pour autant. Dans ce temps limité imparti, cette âme étrangère va revivre la courte existence du jeune garçon pour tenter de comprendre les raisons qui l’ont poussées à commettre l’irréparable.

Adaptation libre du roman de l’écrivaine japonaise Eto Mori qui porte le même nom, Colorful est un conte poétique et fantastique dans lequel le réalisateur Keiichi Hara invite son spectateur à s’interroger sur notre société contemporaine à travers des sujets comme la prostitution, la compétition scolaire ou encore les difficultés à communiquer et s’exprimer avec les autres.

Même si le film est ancré dans la société japonaise d’aujourd’hui il n’en demeure pas moins universel car les questions qu’il pose trouve un écho particulièrement retentissant en Occident à l’heure de la mondialisation galopante et de l’uniformisation de nos modes d’existence.

Dans un style épuré aux traits nets et précis, Colorful est ausi un film d’animation visuellement agréable à regarder où chaque séquence donne l’impression d’être face à de véritables aquarelles.

En prônant un retour à des valeurs simples et humanistes comme l’importance des liens familiaux et des relations amicales, Keiichi Hara signe avec ce nouveau long-métrage une oeuvre de cinéma sobre et intelligente mais propose surtout une réflexion philosophique pertinente sur nos manières de vivre aujourd’hui.

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