Cinéma

« Dans la cour », un film de Pierre Salvadori

A quarante ans, Antoine (Gustave Kervern) est un musicien en pleine crise existentielle. Entre insomnies et crises d’angoisse chroniques, il met brusquement fin à cette carrière musicale pour se retrouver et se lancer dans une nouvelle aventure humaine et professionnelle. Après plusieurs jours d’errance, il devient le gardien d’un immeuble parisien situé dans le 19ème arrondissement de la capitale. Là, dans sa loge où il croise toutes sortes de personnes plus loufoques les unes des autres, Antoine fait la connaissance de Mathilde (Catherine Deneuve) et, au fil des jours, se lie d’amitié avec cette jeune retraitée obsédée et angoissée à l’idée de voir l’immeuble dans lequel ils vivent se fissurer progressivement.

Une fissure dans le mur d’un appartement pour symboliser les histoires et les blessures personnelles tel est le point de départ du neuvième long-métrage de Pierre Salvadori.

Presque vingt ans après avoir réuni François Cluzet et Gérard Depardieu dans Les Apprentis (1995) ou  plus récemment Audrey Tautou et Gad Elmaleh dans Hors de prix (2006), le réalisateur français revient aujourd’hui pour former un nouveau duo étonnant entre Gustave Kervern et Catherine Deneuve dans une comédie au goût doux-amer réussie.

Ce genre cinématographique est toujours un pari risqué pour celui qui s’y attaque : rares sont les comédies françaises qui parviennent à garder leur puissance comique sans jamais être lourdingue ou sombrer dans le grotesque, voire le ridicule absolu.  Il suffit de jeter un œil aux dernières comédies « made-in-France » pour s’en convaincre.

Avec son nouveau long-métrage, Salvadori lui maîtrise cet équilibre difficile. Dans la cour est un film qui oscille subtilement entre des situations cocasses et amusantes, et des dialogues drôles et travaillés. Ça démarre comme une comédie et, au fil des minutes qui s’égrènent, on glisse dans une délicate et agréable mélancolie avec des êtres maladivement angoissés mais sincèrement attachants où la solidarité apparaît comme le plus bel humanisme et le meilleur remède à l’anxiété de ces personnages.

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