Cinéma

« Happy Together », un film de Wong Kar-Wai

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Ho Po-Wing (Leslie Cheung) et Lai Yiu-Fai (Tony Leung Chiu-Wai) sont deux amants, originaires de Hong-Kong, épris l’un de l’autre ; des êtres passionnés à forte personnalité. Un jour, pour tenter de sauver leur relation et repartir de zéro comme ils aiment souvent se le répéter, Ho Po et Lai décident de quitter leur ville natale et le pays qui les a vus grandir pour rejoindre l’Amérique du Sud et s’installer à Buenos Aires, au cœur de la capitale argentine. Là-bas, le couple change d’air et caresse l’espoir de trouver un nouveau souffle à leur relation. Là-bas, comme en Chine, ils s’aiment, se disputent, se trompent, puis se quittent et se retrouvent : une incroyable ritournelle qui pourrait, à l’un comme à l’autre, leur être fatal.

Présenté en compétition officielle lors de la 50ème édition du Festival de Cannes en 1997, Happy Together est le sixième long-métrage du célèbre réalisateur hongkongais pour lequel ce dernier est reparti de la Croisette avec le Prix de la mise en scène entre les mains. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce prix, pour ce film, lui était destiné. Caméra à l’épaule, Wong Kar-Wai filme la passion de deux êtres qui s’aiment et se déchirent au plus près des corps et des visages. Comme dans un tango argentin, le couple s’observe, se jauge, cherche à se séduire et à s’apprivoiser pour mieux se coordonner. Une danse effrénée mais une tentative à l’épreuve du quotidien et de la promiscuité, de la solitude, de la jalousie et des reproches qui vont avec ; une métaphore artistique filée et filmée remarquablement par Wong Kar-Wai pendant plus d’une heure et demie pour nous raconter en sons et en images les difficultés de cette histoire d’amour tumultueuse.

À l’instar de ses premières réalisations, on retrouve dans Happy Together cette atmosphère particulière et cette façon singulière de filmer et mettre en scène son propos, et qui constituent les prémices de ce qui est et restera probablement le chef d’oeuvre du réalisateur chinois : In the Mood for Love, son septième long-métrage sorti en 2000. Plus qu’un style, c’est une marque de fabrique chez Wong Kar-Wai. Une manière comme personne de filmer des passions déchirantes et des histoires d’amour impossibles mais sublimes qui a l’art de susciter l’empathie chez son spectateur et qui est subtilement contagieuse puisque elle nous donne envie de vivre à notre tour ces mêmes passions déchirantes et histoires d’amour impossibles.

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