Arts

« Irresponsable » de Frédéric Rosset et Stephen Cafiero

À 31 ans, Julien (Sébastien Chassagne), sans argent ni situation professionnelle, est contraint de retourner vivre chez sa mère (Nathalie Cerda) à Chaville, une petite commune située en banlieue parisienne dans les Hauts-de-Seine, là où il a grandi et passé toute son enfance. Après un rendez-vous pour un entretien, il croise par hasard Marie (Marie Kauffmann), son ancienne petite amie et premier grand amour de jeunesse lorsqu’il était adolescent. À l’époque, la jeune femme avait disparu du jour au lendemain sans donner d’explications. Lors d’un dîner de retrouvailles, Marie lui annonce qu’elle a un fils de 15 ans prénommé Jacques (Théo Fernandez) dont Julien est le père.

Après une première saison diffusée sur OCS en juin 2016 et une seconde qui se termine actuellement sur le même canal, Irresponsable réussit le pari risqué et audacieux de proposer une comédie à la française originale dans l’univers déjà très saturé des séries TV.

L’idée du scénario est née en 2014 dans les couloirs de la Fémis (cette prestigieuse école de cinéma parisienne) où Frédéric Rosset fait ses études au sein de la jeune filière « Création de séries TV » avec pour ambition de présenter le premier épisode de la série comme examen final. Acclamé par ses pairs, repéré par les producteurs de Tetra Media Fiction (à qui l’on doit notamment les séries Un village français ou Les Hommes de l’ombre), son projet est rapidement soutenu par OCS qui commande à Rosset une première saison de dix épisodes qu’il écrira avec sa sœur Camille et son ami Maxime Berthémy, un autre étudiant à la Fémis.

Réalisée par Stephan Cafiero dans un format court (26 minutes), Irresponsable est une série à la fois drôle et touchante, portée par des acteurs auxquels on s’attache très vite à l’image de Sébastien Chassagne qui interprète à l’écran ce trentenaire adulescent, un peu tête à claques, incapable de gérer la moindre responsabilité et qui décompresse en fumant des joints… avec son fiston ! Il y aussi ce redoutable professeur de mathématiques – Alexandre Maillard – qui prend plaisir à faire souffrir ses élèves. Le jeune Jacques qui incarne à merveille la nonchalance adolescente. On accorde une mention particulière à Nathalie Cerda qui joue avec brio le rôle d’une mère attentionnée, d’une grande gentillesse, omniprésente pour son fils mais terriblement angoissée à l’idée d’être de nouveau abandonnée. L’écriture est soignée (on sent la patte de la Fémis), les dialogues sont à la fois subtils et pertinents faisant mouche presque à chaque fois. Au fil des épisodes, la série trouve son rythme avec ses propres rebondissements et ses moments cocasses et désopilants. C’est une atmosphère singulière qui s’installe progressivement, oscillant entre légèreté et gravité, et dans laquelle on finit nous-même par s’y plonger avec tendresse.

Cette comédie douce-amère a d’ailleurs su trouver son public. La première saison a fait un carton auprès des spectateurs (il suffit de lire les commentaires sur la toile pour s’en apercevoir, ils sont laudatifs). On ne doute pas un seul instant que la seconde saison soit tout aussi saluée. Annoncée il y a quelques jours par Frédéric Rosset sur son compte Twitter, on attend désormais avec impatience la troisième saison qui est en préparation.

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