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« La peur », une nouvelle de Stefan Zweig

A l’excitation de braver un interdit et de commettre un adultère comme on commettrait un crime se mêle généralement un léger sentiment de crainte, tout à fait supportable, jusqu’à ce que quelqu’un s’en aperçoive et cherche à vous faire chanter ; l’excitation se transforme alors en un nouveau sentiment : la peur. C’est ce que Stefan Zweig, le célèbre auteur austro-hongrois du siècle dernier que l’on ne présente plus, fait brillamment surgir à travers cette nouvelle.

Publiée pour la première fois dans notre hexagone en 1935, La Peur raconte l’histoire d’Irène, une jeune femme qui partage son existence avec celle de son mari dans la capitale autrichienne et trompe ce dernier avec un musicien à succès plus jeune que lui. Issue de la bourgeoisie viennoise, Irène craint désormais voir sa réputation salie et le monde dans lequel elle vit s’effondrer le jour où une femme la surprend en flagrant délit d’adultère au sortir de l’appartement de son amant et menace de la dénoncer auprès de son mari.

Au fil des pages, la peur – ce sentiment terrible – s’immisce progressivement dans le cœur d’Irène et se transforme en une angoisse insoutenable aussi bien pour le personnage principal que pour le lecteur. Zweig nous fait vivre et ressentir avec passion ce que Irène éprouve littéralement. On est rapidement embarqué dans cette chasse à l’homme (à la femme devrait-on dire), dans cette course folle qui mènera Irène au bord du précipice.

De cette nouvelle de Stefan Zweig, il existe une version audio remarquablement lue par l’actrice française Fanny Ardant qui avec son timbre de voix si singulier reproduit l’atmosphère à la fois captivante et terrifiante de la nouvelle et que nous vous conseillons précisément d’écouter.

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