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« La vie très privée de Mr Sim » de Jonathan Coe

À quarante-huit ans, Maxwell Sim est à une étape charnière de son existence : sa femme Caroline vient de le quitter après quinze années de vie commune parce qu’elle ne le supportait plus, parce qu’’il y avait « quelque chose en lui qui n’allait pas ». Dans son sillage, elle emmène Lucy – leur fille unique – pour s’installer à Kendal, au nord-ouest de l’Angleterre, laissant Maxwell dans un grand désarroi et une profonde remise en question.

Alors qu’il essaie de se reconstruire tant bien que mal et après avoir rendu visite à son père, expatrié en Australie, une proposition inattendue de travail va l’envoyer au fin fond de l’Ecosse, dans les Shetlands, pour y faire la promotion d’une nouvelle brosse à dents dernier cri, écologique de surcroît. À force de solitude et de désespoir, Maxwell tombe amoureux d’Emma, la voix de son… GPS ! Mais au cours de ses pérégrinations, Mr Sim fera de nombreuses rencontres, différentes les unes des autres et qui, au fil du temps, lui permettront de sortir de ce marasme sentimental et retrouver progressivement l’envie d’aller de l’avant.

La vie très privée de Mr Sim pourrait être celle de tout lecteur qui se plonge dans le neuvième roman de Jonathan Coe tant le personnage principal semble nous ressembler. Dans ses moments d’introspection et de questionnement personnel sur son parcours de vie, Mr Sim nous renvoie l’image d’un homme empli de doutes et d’incertitudes mais ô combien attachant parce qu’il nous livre ses états d’âme et ses faiblesses sans aucune retenue, toujours avec une pointe humour britannique, en se gaussant de sa propre personne comme pour mieux relativiser les évènements qui s’imposent à lui.

Du roman de Jonathan Coe, on retiendra surtout cet optimisme latent de Maxwell Sim dès les premières pages, comme un fil d’Ariane qui finit par prendre toute sa dimension à la fin du livre. Car malgré ses angoisses et ses propres peurs, Mr Sim n’en reste pas moins un homme qui ose entreprendre des initiatives (même farfelues) pour avancer. Ce sont ses maladresses qui le rendent particulièrement humain et débonnaire.

Du roman de Jonathan Coe, on retiendra aussi cette façon surprenante et audacieuse que se réserve l’écrivain britannique pour terminer son livre. C’est subtil et inventif ! On ne vous en dit pas plus, nous préférons vous laisser la découvrir par vous-même.

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