Cinéma

« Le Bal des actrices », un film de Maïwenn

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On les dit carriéristes, narcissiques ou égocentriques. Pourtant elles fascinent, charment et nous séduisent. Les actrices – peut-être davantage que les acteurs – plaisent autant qu’elles agacent. Mais l’image idyllique qu’elles renvoient lorsqu’elles sont à l’écran ou à la Une des magazines people n’est-elle pas qu’un mythe auquel nous aimons nous accrocher pour mieux alimenter nos fantasmes ? Derrière le strass et les paillettes, quand les projecteurs ne sont plus tournés vers elles, à quoi ressemble leur quotidien ? Femmes fatales et puissantes ou simples colosses au pied d’argile ? C’est pour tenter de lever le voile sans vraiment tout dévoiler sur les actrices que la réalisatrice française (et elle-même actrice) s’est lancée en 2007 dans le tournage de ce film pas tout à fait comme les autres.

A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Le Bal des actrices nous plonge dans l’envers du décor, là où le spectateur n’est habituellement jamais invité à se rendre, là où souvent le rêve s’éteint. Pendant presque deux heures, la caméra de Maïwenn filme onze actrices françaises, des plus connues aux oubliées en passant par les intellos, les comiques ou encore les mystérieuses. Karin Viard, Marina Foïs, Julie Depardieu ou Charlotte Rampling se sont prêtées au jeu. Celui d’une fiction où tout est écrit et scénarisé mais qui renvoie au parcours réel et semé d’embûches auquel toute actrice est un jour confrontée dans sa carrière.

Des petites piques sur leur physique avec cet éternel impératif de devoir rester belle, jeune et séduisante aux grandes humiliations sur leurs capacités ou leur talent de comédienne en passant par les grands moments de doute et de remise en question personnelle, Le Bal des actrices sonde avec humour et détachement le quotidien de chacune de ces actrices et les épreuves qu’elles doivent affronter.

Cela donne un film à la fois drôle et bouleversant. Drôle parce que – il faut se l’avouer – on prend plaisir à rire et à se moquer de voir ces femmes choir de leur piédestal et de l’image idéalisée que le public s’en fait. Mais aussi bouleversant parce que même s’il s’agit avant tout d’un faux documentaire on imagine facilement les difficultés du métier de comédien (surtout pour les moins connus) et les sacrifices auxquels ils doivent faire face chaque jour à l’instar de Karole Rocher dont le portrait est criant de vérité.

Dès lors, les paroles des musiques originales créés pour le film et qui viennent clore chaque séquence sur l’actrice concernée résonnent d’une manière singulière dans nos esprits : sous la caméra de Maïwenn, ces femmes tombent le masque, elles s’humanisent et se rapprochent de nous. Si vous ne pouviez pas les supporter auparavant, ce film devrait commencer à vous les faire aimer.

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