Cinéma

« Le gamin au vélo » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Présenté le 15 mai dernier pendant le 64ème Festival de Cannes, Le gamin au vélo nous plonge dans le quotidien de Cyril (Thomas Doret), un jeune garçon âgé de douze ans qui cherche à retrouver la trace de son père, Guy Catoul (Jérémie Renier) après avoir été placé dans un centre d’accueil pour enfants. Une situation provisoire à l’origine, le temps pour le paternel de se reconstruire, mais qui s’éternise au fil des jours depuis que son père refuse désormais de s’occuper de lui. Au détour d’une course-poursuite avec les éducateurs de son foyer, Cyril rencontre Samantha (Cécile de France) qui accepte de l’accueillir chez elle chaque fin de semaine. Mais cette situation perturbe le jeune garçon en manque de repères. Il a du mal à s’intégrer dans ce nouvel environnement ; il rencontre un autre adolescent en perdition et trouver un équilibre lui demandera du temps et de la patience pour apaiser la colère qui est en lui.

Ce gamin au vélo et au t-shirt rouge, Jean-Pierre et Luc Dardenne l’ont trouvé par hasard, au détour d’un casting. Les frères belges ne voulaient pas avoir quelqu’un de connu pour jouer le personnage principal. La décision a vite été prise : choisir Thomas Doret était une évidence. Véritable révélation cinématographique, il incarne naturellement et avec intelligence la violence de la détresse dans laquelle ce jeune adolescent est plongé parce que son père refuse d’assumer ses responsabilités. Une violence émotionnelle qui ne tombe jamais dans le pathos ni la sensiblerie et qui se traduit à l’écran par une justesse d’interprétation scénique. Malgré une existence difficile, Cyril reste un garçon optimiste dont la vitalité presque maladive de corps comme d’esprit et son refus d’abandonner, de baisser les bras en font sa principale force de caractère.

Filmé pendant l’été (une première chez les frère Dardenne), Le gamin au vélo est un film avant tout rayonnant. Une saison qui contraste avec l’atmosphère habituelle à laquelle le couple fraternel belge nous a habitué. La musique, présente à quelques instants dans le long-métrage, est également une chose très rare chez les frères Dardenne mais n’enlève en rien à la mise en scène. Le film est fluide et léger, rythmé par les coups de pédale de Cyril donné à son vélo.

Grand Prix du 64ème Festival de Cannes, le nouveau long-métrage de Jean-Pierre et Luc Dardenne est une critique sociale contemporaine réussie qui échappe au discours moralisateur sur le thème qu’il traite.

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