Cinéma

« Les amours imaginaires », un film de Xavier Dolan

Au cours d’une soirée entre amis, Francis (Xavier Dolan) et Marie (Monia Chokri) rencontrent Nicolas (Niels Schneider), un être à la beauté saisissante. Tout chez lui incarne la perfection. Intelligent et ouvert d’esprit, le jeune homme est aussi cultivé, drôle, passionné et romantique si bien qu’il ne laisse personne indifférent, encore moins le couple d’amis. Entre signes évidents et imaginaires, Francis et Marie vont en permanence s’affronter en duel pour conquérir le cœur du beau Nicolas, au risque de mettre en péril leur amitié qu’ils croyaient pourtant immuable. À coups de réflexions assassines, les deux jeunes adultes vont progressivement sombrer dans une obsession destructrice de leur quête amoureuse.

Il y a an, Xavier Dolan nous avait surpris avec J’ai tué ma mère, son premier long métrage. À seulement vingt ans, le jeune prodige canadien faisait preuve d’une rare maturité et d’une justesse presque insolente dans la manière de filmer et de mettre en scène les turpitudes de l’âme humaine. Son deuxième long métrage ne déroge pas à la règle. Plus léger mais non moins comique (les apartés dans le film où une succession de personnes racontent leur mésaventure de cœur sont particulièrement drôles), Les amours imaginaires nous embarque sur le thème de la relation amoureuse dans son entièreté : de l’excitation de la rencontre à l’abattement de la rupture en passant par les moments d’attente, de doute, d’humiliation et de solitude.

Pour la seconde fois, Xavier Dolan traite son objet avec précision. L’image est soignée, certains plans-séquences sont filmés au ralenti comme pour mieux poser les personnages et entrer lentement dans le sujet. Les scènes s’enchainent et déroulent au fur et à mesure une œuvre poétique, sensible et touchante. On ne peut s’empêcher de penser à Wong Kar-Wai, Truffaut et la Nouvelle Vague. Les mauvaises langues n’y verront qu’un simple pillage historique, on préfère y voir un hommage à des références qui ont forgé la culture cinématographique du jeune canadien.

A l’instar de son premier film, la musique dans Les amours imaginaires est toute aussi bien fignolée. Les chansons de Vive La Fête, de Bach, d’Indochine ou encore la version italienne du célèbre Bang Bang de Nancy Sinatra interprétée par Dalida donnent la mesure au rythme des différentes séquences du film.

Pour son prochain long métrage, Laurence Anyways, on sait déjà que Xavier Dolan s’attachera au thème du transsexualisme. L’histoire d’un homme (Melvil Poupaud) qui annonce à sa femme au soir de souffler ses trente bougies sa volonté de changer de sexe. Par amour, elle décidera de l’accompagner dans sa transformation. Une étape délicate qui mettra à mal leur relation de couple. La sortie est prévue pour 2012.

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