Livres

« Les équinoxes » de Cyril Pedrosa

equinoxes_pedrosa

Publié à l’automne 2015 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre, Les équinoxes de Cyril Pedrosa fait indéniablement écho à son précédent album – Portugal – pour lequel il avait reçu plusieurs récompenses dont le Prix des Libraires de Bande Dessinée en 2012.

Tout aussi épais (330 pages) mais non moins réussi, on retrouve dans Les équinoxes cette même trame scénaristique qui faisait toute la force du dernier opus, celle d’un personnage – Simon Muchat – en plein questionnement existentiel. Ici les protagonistes ont beau être très différents les uns des autres, ils ont en commun ce même désarroi intérieur et une insondable solitude qui les habite. Pour réaliser son ouvrage, Pedrosa s’est d’ailleurs inspiré de l’oeuvre de la célèbre écrivaine britannique Virginia Woolf et de la démarche artistique de Vivian Maier, la photographe américaine dont nous vous parlions il y a quelques temps.

Au fil des pages et au gré des vignettes, on découvre ainsi les doutes, les incertitudes et les parcours de vie cabossés de chacun : l’orthodontiste Vincent et sa fille Pauline qui doit affronter le divorce de ses parents ; Antoine le militant écolo qui lutte contre la construction d’un aéroport, Louis son vieil ami qui fait le bilan de ses actes manqués ou encore la photographe Camille qui offre à Cyril Pedrosa l’occasion d’esquisser toute une myriade d’autres personnages en mettant en scène la vie de ces individus à travers des portraits cette fois beaucoup plus écrits. C’est judicieux, cela apporte nettement de la densité au récit et permet d’éviter l’écueil de l’album choral, celui de se perdre dans un trop-plein de personnages.

À l’instar de Portugal, le scénario des Équinoxes ne serait rien sans le fameux coup de crayon du dessinateur poitevin. Tantôt lumineux, tantôt obscure, cet album vit au rythme des saisons et des états d’âme de chacun. Un automne mélancolique, un hiver sombre et froid laissent la place à un printemps multicolore et un été flamboyant aux couleurs pastel. C’est visuellement sublime ! On parcourt les planches comme un enfant ouvrirait ses cadeaux de Noël, avec envie et enchantement.

Partager la chronique :

Laisser un commentaire