Cinéma

« Les nouveaux chiens de garde » de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

Sorti au début de l’année 2012, Les nouveaux chiens de garde est un documentaire des journalistes Gilles Balbastre et Yannick Kergoat qui a eu un joli succès en salles (pour ce format) mais est passé inaperçu dans la plupart des journaux traditionnels. La raison est simple : le film est un véritable brûlot à charge contre la collusion entre les médias, aussi bien la presse écrite que la radio et la télévision, et le pouvoir politique.

Libre adaptation de l’essai paru en 1997 (et réactualisé en 2005) du journaliste et écrivain Serge Halimi et qui renvoie au pamphlet publié en 1932 par Paul Nizan contre les philosophes bourgeois de son époque, le documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat s’attache à montrer de façon ludique et pertinente comment la concentration des médias (sensés être indépendants) n’est finalement que partie prenante du pouvoir politique et au service d’un système économique d’intérêts privés tenu par le monopole de quelques groupes comme Bouygues, Lagardère ou Bolloré.

Les nouveaux chiens de garde observe aussi la manière dont les médias ont imposé à leurs téléspectateurs non pas des analyses d’universitaires, de sociologues ou de chercheurs qui travaillent sur les problèmes sociaux et les questions économiques mais celles d’experts en tout genre et de journalistes liés aux intérêts d’une classe dominante, le « pouvoir du capital » comme le dira lui-même Franz Olivier Giesbert dans le reportage pour qui « il est tout à fait normal que ce pouvoir s’exerce !« . Mais quand ces experts et journalistes tous issus du même sérail affirment la même pensée le champ du débat politique n’est-il pas réduit à néant ?

Les nouveaux chiens de garde est un documentaire intéressant et essentiel à voir et revoir notamment avant chaque échéance électorale (comme c’est encore le cas cette année avec les régionales prévues en décembre prochain) pour se forger sa propre opinion et développer son sens critique sur le fonctionnement même de notre société et de ses institutions.

Le film est à voir en intégralité ci-dessous :

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