Cinéma

« London Nights », un film de Alexis Dos Santos

Dans la capitale branchée et cosmopolite du Royaume-Uni, Axl (Fernando Tielve) et Véra (Déborah François) ne se connaissent pas. Lui est espagnol, elle est française. Les deux vivent dans le même lieu (un squat), se croisent quotidiennement sans jamais s’apercevoir, s’échangent des objets sans jamais le savoir : un matelas, une veste, des polaroids. Les deux jeunes adultes sont différents et pourtant si proches dans leur quête existentielle. Lui, désorienté dans la capitale espagnole, a choisi de quitter sa ville natale pour tenter de retrouver son père à Londres.

Mais la rencontre tourne vite à la désillusion quand le jeune madrilène remarque qu’ils n’ont définitivement rien en commun. Elle, désemparée, vit une histoire sentimentale dramatique (un pléonasme quand on a vingt ans) et tente d’avancer en se lançant dans une aventure romanesque avec un britannique très fleur bleue (Iddo Goldberg). Axl et Véra ne se connaissent pas mais, lors d’une soirée très arrosée (un autre pléonasme à cet âge), les deux vont littéralement se rencontrer et partager bien plus qu’un simple verre.

Ne vous y trompez pas, entre Axl et Véra, il ne sera jamais question d’amour. Si le thème du sentiment amoureux a sa place dans le film, il ne se situe pas entre ces deux personnages. Alexis Dos Santos, le réalisateur, a choisi de distinguer deux histoires parallèles pour les confondre finalement et voir en quoi elles se rejoignent. Filmées en 8mm, certaines séquences du film nous plongent directement dans l’intimité des personnages et des moments d’introspection en version originale. On s’immisce aisément dans ces instants où la caméra s’attache davantage à filmer un visage plutôt qu’un paysage et capturer une émotion.

De Londres, on n’y verra que les recoins des rues, les bouches de métro et les entrées des bars où se donnent des concerts de rock, berceaux de la pop britannique. La musique est omniprésente dans London Nights. Elle joue un rôle essentiel en rythmant les différentes séquences du film et est particulièrement bien choisie : de Good Shoes à Kimya Dawson en passant par Mary and The Boy, le film détone aussi bien qu’il apaise comme pour mieux traduire la dichotomie des sentiments des uns et des autres. Les musiques sont parties prenantes dans l’histoire de vie de chaque personnage. C’est avec elles que chacun va se construire, se forger une identité, ce qui n’est pas toujours évident à cet âge quand on se trouve éloigné de sa terre natale.

London Nights est un film de sensations qui s’attache à mettre en avant une certaine atmosphère. Les acteurs ont beau être jeunes, le film n’est pas un film pour ados à la American Pie. Loin de là. Les thèmes abordés sont ceux auxquels tout adulte en devenir est un jour confronté dans son existence. S’il fallait saisir un instant la jeunesse de notre époque, London Nights en serait une très bonne illustration.

Partager la chronique :

Laisser un commentaire