SynopsisGrégori (Vincent Cassel) est à la tête d’une communauté protégée du monde qui abrite des femmes et leurs enfants. Parmi eux, Alexandre (Jeremy Chabriel), 11 ans, a grandi en voyant le monde à travers les yeux de Grégori. Mais des événements inattendus vont l’amener à penser par lui-même.

Partisan est avant tout un premier long-métrage, celui de Ariel Kleiman. Il faut donc lui pardonner ses erreurs et les défauts des premières fois pour se concentrer sur ce qui fonctionne car cette plongée dans un univers aussi inconnu que hostile révèle de belles promesses. D’abord, ses acteurs : si Vincent Cassel joue ici avec justesse un rôle de patriarche autoritaire et misanthrope, c’est le jeune Jeremy Chabriel qui crève l’écran. Pour lui aussi c’est une première et, à l’instar de Florence Mezzara qui interprète Susanna (sa mère) dans le film, il incarne avec brio un pré-adolescent en plein doute mais tout en retenue face aux agissements de son père. Le calme de Chabriel vient rééquilibrer les excès de colère de Cassel et cette force tranquille qui l’habite, ce flegme parfois même glaçant quand il doit exécuter des inconnus sur ordre de son père, apporte un peu plus d’étrangeté à ce film.

Car étrange, Partisan l’est. Cette atmosphère singulière qu’a su créer le réalisateur australien et que procure l’isolement d’une communauté complètement coupée du monde extérieur est aussi hypnotique que le bleu des yeux de Chabriel. Le film fascine car nous ne connaîtrons jamais vraiment les raisons qui ont poussé ces individus à se replier sur eux-mêmes et à vivre de cette manière. Pour apprécier le film, mieux vaut s’abandonner à cette étrangeté que d’essayer d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

Le propos de ce long-métrage se situe finalement ailleurs. A travers ce conte philosophique, Ariel Kleiman nous invite moins en effet à nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons qu’à réfléchir aux relations que nous tissons avec les autres, et particulièrement avec nos proches, car le plus insupportable n’est pas forcément là où on l’imagine.

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