Livres

« S’abandonner à vivre » de Sylvain Tesson

De l’Afrique à l’Asie en passant par le continent européen. Du Tadjikistan au Kazakhstan en séjournant près de six mois en Sibérie sur les bords du lac Baïkal tel un ermite, coupé du monde et du bourdonnement quotidien de ses semblables, Sylvain Tesson nous aura fait découvrir une autre facette du monde dans lequel nous vivons au travers de ses récits et de ses voyages sur la planète.

Son dernier ouvrage – S’abandonner à vivre – publié chez Gallimard et paru en librairie au début de l’année, est un recueil de nouvelles qui reflète le parcours hors-du-commun de ce géographe de formation devenu aventurier et voyageur du bout-du-monde. Dix-neuf nouvelles où la diversité humaine est représentée dans toute sa complexité et que Sylvain Tesson a dû côtoyer au grès des rencontres pendant ses différentes expéditions.

Véritable kaléidoscope de cette richesse humaine, S’abandonner à vivre est un livre qui oscille subtilement entre le cynisme, voire le burlesque des situations et la mélancolie de ses protagonistes qui ont en commun ce qui caractérise profondément notre espèce : l’espoir.

Face à l’inéluctabilité des choses et notre peur terrible de la solitude, ces différents personnages ont adopté une philosophie de vie toute singulière que Sylvain Tesson résume en un mot : le pofigisme, un mot d’origine russe qui renvoie à cette capacité de savoir accueillir «les oscillations du destin sans chercher à en entraver l’élan […] face à l’absurdité du monde et à l’imprévisibilité des événements». Fatalistes, les personnages de Sylvain Tesson ? Non, «ils s’abandonnent à vivre » préfère répondre l’écrivain.

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