Arts

Le spleen de John Atkinson Grimshaw

Voici un peintre qui mériterait d’être (re)connu à la hauteur de son talent : né en 1836 dans la ville de Leeds au Royaume-Uni, John Atkinson Grimshaw n’a commencé une carrière artistique qu’à l’âge de vingt-deux ans au moment de son mariage avec une cousine éloignée, Frances Hubbard.

Il faut dire qu’avec des parents aussi pragmatiques que peu enclins à toute forme d’art se souciant davantage de la réussite professionnelle de leur fils que de sa volonté de peindre, le jeune Grimshaw n’a eu guère l’occasion de pouvoir s’exprimer artistiquement pendant sa jeunesse.

Après quelques années passées à travailler à la GNR (Great Northern Railway), une compagnie de chemin de fer en Angleterre, John Atkinson Grimshaw reçoit en 1858 l’aide financière de son cousin germain T.S Cooper qui lui permet de se consacrer pleinement à la peinture. C’est à ce moment-là, dans les années 1860, qu’il commence à exposer ses premières toiles dans des galeries privées de sa ville natale.

Il règne dans l’oeuvre de Grimshaw une indéfectible mélancolie, une atmosphère singulière, celle que l’on retrouve souvent à la fin de l’automne quand les feuilles sont tombées et qu’il ne reste que les branches des arbres à contempler dans la froideur d’un hiver qui pointe déjà le bout de son nez.

A l’âge de trente-quatre ans, Grimshaw bénéficie d’une petite renommée nationale. Il s’installe alors dans une maison à Scarborough, une ville côtière située dans le comté du Yorkshire du Nord, une ville qui influencera grandement son oeuvre à l’image de ces nombreux ports qu’il a peint.

Passionné par la peinture comme par la photographie, il connait dans les années 1880 de graves problèmes financiers qui l’obligent à se retrancher à Leeds où il peint frénétiquement plusieurs dizaines de tableaux pour subvenir à ses besoins. Ses toiles se transforment un peu : les ports et les paysages automnaux laissent place à des portraits de femmes et des scènes de la vie quotidienne de la ville traduisant ainsi une certaine réalité sociale de son époque, celle de l’ère victorienne. Il meurt le 13 octobre 1893 à l’âge de 57 ans.

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