Six années se sont écoulées depuis son long-métrage Moi, toi et tous les autres. Un premier film salué par la critique, récompensé au Festival Sundance de Salt Lake City du Prix Spécial du jury, et pas moins de quatre distinctions au Festival de Cannes dont la prestigieuse Caméra d’Or. Six années pendant lesquelles Miranda July s’est essayée à l’écriture, avec un recueil de nouvelles (Un bref instant de romantisme), à la sculpture et à la mise en scène d’une pièce de théâtre (Les choses que nous ne comprenons pas et dont assurément nous n’allons pas parler) depuis 2006.

De ces expériences personnelles et artistiques est né The Future, une œuvre poétique et onirique sur la complexité des relations et de la vie en couple.

Sophie (Miranda July) et Jason (Hamish Linklater) vivent ensemble depuis quatre ans dans un petit appartement à Los Angeles. Sophie est professeure de danse, Jason fait de l’assistance informatique. Tous les deux ont trente-cinq ans et dans un mois ils adopteront Paw Paw, un chat abandonné. Effrayés à l’idée de perdre leur liberté, Sophie et Jason décident de quitter leur emploi pour réaliser leurs rêves avant l’arrivée du félin. Mais devant ce double défi qu’ils se sont lancés, la peur du vide et de l’échec les angoisse et les paralyse. Sophie tente de faire des chorégraphies devant la webcam de son ordinateur pendant que Jason lutte, à sa manière, contre le réchauffement climatique. Ensemble, ils vont tenter toutes les expériences, arrêter le temps et traverser l’espace-temps pour tenter de donner une nouvelle impulsion à leur relation.

À travers la voix de Paw Paw, chat spirituel à l’esprit philosophique, Miranda July nous interroge sur la nécessité de s’épanouir personnellement quand on partage son quotidien avec un être aimé, car notre personnalité se construit aussi avec le regard des autres. Mais comment se réaliser quand, passé la trentaine, le temps avance rapidement ? Sophie aimerait pouvoir le contrôler et maîtriser son existence. Dès lors, le futur est aussi prometteur qu’effrayant. Les possibilités qui s’offrent à elle lui font perdre pied et son couple vacille.

Film indépendant américain, The Future est un petit bijou de sensibilité, à la fois drôle, léger et empli de mélancolie. La réalisatrice américaine conclut son long-métrage en nous suggérant une fin ouverte en nous laissant libre de choisir le destin du couple. Elle offre ainsi à son spectateur une possibilité rare que de pouvoir maîtriser le futur.

Sortie en salles le 17 août 2011

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1 commentaire

  • Il ne m’a pas semblé que ce que le met en avant le film soit l’ouverture des possibles. Mais au contraire l’illusion du libre arbitre. Si cette adoption vient comme un électrochoc les pousser à aller voir dehors, ils se trouvent tous deux au pied du mûr de leurs inhibitions, piégés dans une sinistre solitude. Solitude qui jusqu’alors était contournée par le « deux ». Un deux répétitif, confortable, peu ambitieux. Mais qui venait appaiser quelque chose de leur manque-à-être. Si l’euphorie les anime devant cette illusion d’un « tout est possible », qu’en font-ils ? Ils chancellent ! Le désir de Monsieur se laisse attrapper par le premier « démarcheur » – ne surtout pas engager son désir propre ! – et le désir de Madame échoue lamentablement dans une inhibition qui dès le lendemain l’empêche même de se regarder au travers l’écran. Quelque chose n’est pas loin de s’effondrer en elle… Alors elle appelle, n’importe qui, et en plus il répond. Elle tente de dire à son ami « mets le signal ». Il ne comprend pas sa détresse, elle ne sait pas la dire. Alors elle va chercher à être pour… pour être. Mais la brillance que cet autre lui donne, n’annule qu’un temps bref, le vide qui l’habite… Et Monsieur, vers qui elle retourne finalement, il se montre décevant et touchant jusqu’au bout, voulant la retenir, mais ne pouvant toujours pas s’engager dans son désir… Refusant d’assumer un choix de vie, il préfère ne pas vivre et l’empêche de revenir. Elle, pourtant, il ne lui fallait que quelques mots. Leurs solitudes sont d’une tristesse absolue, et la voix de Paw paw scande cette solitude à merveille… Mettant en mots l’anéantissement de la pensée qu’elle implique quand elle est dans l’extrimité d’une absence totale, et laissant poindre l’espoir d’un amour… Ce lien basé juste sur ce je t’attends et tu m’attends, alors tout sera plus doux… Mais cette espoir chute dans sa mort, en même l’extinction de l’amour du couple…

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