Au cœur de la banlieue sud de Londres, John May (Eddie Marsan) est un fonctionnaire qui s’applique méticuleusement à sa tâche pour retrouver des membres de la famille, des amis ou des connaissances d’une personne quand celle-ci décède seule. Un travail de fourmi qui consiste minutieusement à collecter toute sorte d’information au domicile du défunt pour retrouver un proche et à rédiger les éloges des disparus pour les funérailles bien que la plupart du temps personne d’autre que lui n’assiste aux enterrements.

Comme le lui dira une des actrices du film, « c’est un drôle de métier que vous faites là » mais un métier pour lequel il se passionne particulièrement. Solitaire, sans famille ni amis et un brin maniaque, John May est un personnage atypique qui, à première vue,  ne respire pas vraiment la joie de vivre mais la routine quotidienne dans laquelle il s’est installée depuis longtemps ne semble pas le déranger pour autant. Car derrière sa cravate trop serrée, ses vêtements surannés et une attitude de vieux garçon un peu trop coincé, se cache un homme profondément empathique et humain.

Son existence bascule le jour où il apprend son licenciement pour des raisons d’économies budgétaires après vingt-deux années de bons et loyaux services. Le dernier dossier dont il doit s’occuper est celui de son voisin qu’il n’a jamais vu une seule fois depuis qu’il vit dans ce quartier. Le décès de Billy Stoke va alors l’emmener à voyager hors de sa propre banlieue, à rencontrer des gens et à s’ouvrir vers de nouveaux horizons.

C’est à ce moment-là que le second long-métrage de Uberto Pasolini change de dimension et de tonalité en passant d’un univers gris, froid et morbide, parfois cynique où partout règne la mort à des paysages plus lumineux et des personnages haut en couleurs avec lesquels John May retrouve le sourire. Au delà de ce changement, le spectateur baigne dans une atmosphère singulière, un peu hors du temps, où tout semble figé à l’instar du film Amour fou de Jessica Hausner sorti il y a plusieurs semaines.

Une belle fin est un film sobre, délicat et humaniste à l’image de ce John May remarquablement interprété par Eddie Marsan qui nous amène à nous questionner sur la manière dont nous vivons actuellement. Comment est-il possible de nos jours qu’une personne meure complètement seule, isolée et coupée du monde dans lequel elle vivait ? « Une Belle Fin compare ce qu’il se passe aujourd’hui et ce qu’il se passait il y a une cinquantaine d’années. En Europe, il était normal que trois générations s’entraident, habitent la même maison. Je voulais comprendre pourquoi aujourd’hui on peut être seul et ce que cela veut dire » conclut le réalisateur italien.

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