Cinéma

« Vincent », le premier court-métrage de Tim Burton (1982)

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Hommage au célèbre acteur américain Vincent Price connu pour la gravité du timbre de sa voix, le premier court-métrage de Tim Burton est un joli prélude à sa carrière et au style auquel il nous a habitué depuis presque trente-cinq ans maintenant.

Car sous les traits de ce Vincent Malloy, jeune garçon âgé de sept ans, rêveur, solitaire et inadapté à la réalité, préférant se réfugier dans un monde plus fantasque que le nôtre, c’est bien tout l’univers burtonien qui se dessine devant nos yeux. D’abord, Tim Burton lui-même. Outre la ressemblance physique, comment ne pas reconnaître le réalisateur américain dans ce personnage mélancolique, fan de zombies et passionné (comme lui) par la littérature d’Edgar Allan Poe.

La technique ensuite : Vincent est réalisé en stop-motion, une technique utilisée pour les films d’animation et que l’on retrouve dans la filmographie de Burton notamment avec L’Étrange Noël de Monsieur Jack (1993), Les Noces funèbres (2005) ou encore Frankenweenie en 2012.

Loin de l’univers naïf et bien-pensant des films réalisés par le studio Disney (où travaillait Tim Burton à cette époque), Vincent est en ce sens un court-métrage doublement précurseur. Par la technique utilisée mais aussi par l’histoire et l’atmosphère sombre et sordide dans laquelle évolue ce personnage.

Il faut remercier Rick Heinrichs, le producteur de Vincent et vice-président du studio Disney en 1982, d’avoir laissé à Tim Burton une liberté totale pour réaliser ce projet. Malgré les doutes et les hésitations à produire un court à contre-courant, Heinrichs restera celui qui a lancé la carrière de Burton. Sans Vincent, nous ne connaîtrions peut-être pas aujourd’hui l’oeuvre prolixe du réalisateur américain.

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