A New-York en 1981 – l’année la plus violente que la ville ait connu, Abel Morales (Oscar Isaac) est un immigré et redoutable entrepreneur dans le business du pétrole dont l’ambition galopante attise la haine, la méfiance et la corruption de ses plus proches concurrents. Au quotidien, il doit faire face aux braquages quasi-permanents de ses camions-citernes qui transportent le fioul tant convoité. Pour s’imposer définitivement, Abel envisage de racheter un immense terminal pétrolier qui lui assurerait une position hégémonique dans la ville. Trente jours pour convaincre sa banque de lui prêter l’argent nécessaire à la réalisation de ses projets, pour affronter les poursuites judiciaires engagées contre lui et résister face à la pression au risque de détruire tout ce qu’il a entrepris depuis de longues années.

Quatre ans après Margin Call qui plongeait le spectateur dans les méandres de la finance et des relations de pouvoir, J.C. Chandor renoue aujourd’hui avec le monde des affaires pour réaliser un nouveau long-métrage, dernier film de 2014 et probablement l’un des plus aboutis de l’année. Car en réunissant un casting exceptionnel en la personne de Oscar Isaac et Jessica Chastain, J.C. Chandor parvient avec brio et élégance à nous raconter une histoire sombre et violente comme si il s’agissait d’un véritable polar.

Le réalisateur américain captive notre attention du début à la fin en entretenant un suspense jusqu’aux dernières minutes du film grâce à une mise en scène digne des plus grands thrillers. J.C. Chandor capture ainsi toute la sauvagerie et la corruption qui règnent dans cet univers et gangrènent au fil du temps l’âme des Hommes.

A Most Violent Year est un film noir et avant tout une critique acerbe du rêve américain, celui du chantre de l’individualisme qui se gorge ici de sang et de pétrole pour révéler son véritable visage, et qui alimente la compétition et l’ambition démesurée d’une personne où il s’agit d’utiliser les autres pour mieux les écraser et asseoir définitivement sa domination.

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